Le Red Bull, une boisson énergisante contenant de la taurine, est commercialisé en France depuis mardi dans le cadre d'un accord signé en mai avec le ministère de l'Economie et en dépit des réserves des autorités sanitaires, a annoncé le service de communication de la marque.

 
Photographe : Earl S.Cryer AFP/Archives :: Canettes de Red Bull et d'autres boissons énergisantes dans un magasin de San Diego (Californie) en novembre 2006

La boisson va être vendue dans les grandes surfaces "progressivement, dans les semaines, les mois qui viennent", selon la politique des enseignes, indiquait-on chez Red Bull mardi.

Après des années d'interdiction en France, le ministère de l'Economie avait donné en mai son feu vert à la commercialisation de la boisson qui contient de la caféine et de la taurine. Ce dérivé d'acide aminé jouerait un rôle dans les connexions neuronales.

Depuis quelques mois, les grandes surfaces vendaient en France du Red Bull sans taurine mais à base d'arginine (un acide aminé).

La ministre de la Santé Roselyne Bachelot avait émis en juin, lors d'un débat au Sénat, "les plus grandes réserves" à propos du Red Bull. Elle avait annoncé que l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait été saisie d'une enquête sur la boisson énergisante.

Mme Bachelot l'avait qualifiée de "cocktail détonant".

La ministre avait néanmoins expliqué que la boisson étant en vente libre dans 23 pays européens, le principe de précaution n'était pas suffisant pour gagner "le contentieux dont la société Red Bull menaçait l'Etat français".

Il fallait apporter "la preuve de la nocivité du produit" pour que la France puisse continuer à l'interdire. En l'absence de données scientifiques probantes, le gouvernement a "préféré négocier l'apposition de mesures de santé publique sur les canettes de ce produit".

"Je ne crois pas qu'on vient de mettre en vente un poison", a indiqué de son côté à l'AFP le médecin alcoologue Philippe Batel (hôpital Beaujon - Paris). "En revanche on participe à une tendance lourde qui fait le lit des conduites addictives".

Le spécialiste s'inquiète surtout de "l'impact de son utilisation sur la consommation d'alcool des adolescents". "Il est utilisé comme booster, comme accélérateur", a-t-il expliqué.

Le service de communication de Red Bull a confirmé que des mises en garde figureraient sur les canettes: teneur élevée en caféine, à consommer avec modération, déconseillé aux enfants et aux femmes enceintes.

Le groupe commercialise sa boisson dans 26 des 27 pays membres de l'Union européenne, une procédure de demande d'autorisation étant en cours au Danemark. De telles procédures ont également été entamées en Norvège et dans "certains pays dans le monde", a souligné Red Bull.

Selon le ministère de la Santé, l'Institut de veille sanitaire (InVS) doit surveiller les éventuels effets indésirables de la boisson.

Taurine, caféine, guarana, ginseng, vitamines sont les substances qui entrent le plus souvent dans la composition des boissons dites énergisantes.

Créé en 1987 par l'homme d'affaires autrichien Dietrich Mateschitz, qui dirige toujours le groupe, Red Bull s'est imposé en quelques années comme le numéro un mondial des boissons énergisantes. Les analystes évaluent à 70% sa part de marché.

En 2007, Red Bull a réalisé un chiffre d'affaires de 3,079 milliards d'euros, en hausse de 16,6% par rapport à l'année précédente.

par FredRoss
Vendredi 18 juillet 2008
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Les médecins de Vendée se révoltent contre la nouvelle réglementation sur le certificat médical applicable sur les courses hors stade.
Ils sont médecins mais aussi coureurs à pied et connaissent donc très bien cette problématique.
Ils viennent de signer un manifeste qu’ils ont adressé à la FFA.
Ils dénoncent dans celle-ci cette mesure qui risque à terme de faire baisser les effectifs dans les courses pédestres (c’est déjà le cas en ce printemps).

Voici le texte de leur lettre :
« Nous sommes à la fois des « athlètes » au sens de pratiquants de l’athlétisme, et aussi des médecins . Nous nous permettons ce courrier pour vous exprimer notre désaccord
Depuis le début de l’année 2008, la Fédération Française d’Athlétisme exige que chaque participant à une course pédestre dispose d’un certificat médical de non contre-indication à la pratique de l’athlétisme en compétition.

Cette décision nous heurte en tant que sportif et en tant que médecin.
En effet , jusqu’à présent, le mot « en compétition » n’était pas obligatoire . Or , il nous semble que les certificats n’étaient rédigés que pour les compétiteurs, tout individu voulant aller trottiner autour de chez lui n’avait pas besoin de certificat médical . Donc , les 2 termes "en compétition"sont inutiles .

Ce qui est aussi choquant, réside dans le fait que jusqu’à présent, tout licencié de n’importe quelle fédération pouvait, en présentant sa licence, participer à une course sur route, ce n’est plus possible aujourd’hui. Pourquoi ?

. En effet, nous faisons un examen annuel pour tout sportif licencié dans un club, examen qui est très peu différent d’un sport à l’autre( hormis certains sports particuliers , tels la boxe , la plongée sous marine , la course automobile ....pour lesquels les conditions d ' aptitude sont plus restrictives ) .Si l’on réfléchit à ce qui va se passer, il y a 2 solutions :ou le certificat fait sur le coin du bureau ( ce qui est nul , avouez le ) ou le certificat refait correctement , ce qui nécessite un un nouvel examen clinique complet , au besoin des examens complémentaires . Cela va donc représenter un coût supplémentaire, à la charge du sportif parfois, mais plus souvent à la charge de la société par le biais du remboursement de l’acte, qui ne devrait pas être, mais, qui, en fait existe comme vous le savez déja . La mention "athlétisme " est donc inutile.
Ainsi ,nous attendons de la FFA, qu’elle revienne à la raison, et donc aux pratiques antérieures qui n' ont pas lieu d ' être modifiées .
Rappelons que dans certains pays, c’est le coureur qui s’engage, et qui se juge responsable de courir

Tout licencié d’un sport reconnu par une fédération nationale doit pouvoir participer à une course à pied avec sa licence

LES SIGNATAIRES :
. Christian BONNAUD - 85700 LA MEILLERAIE-TILLAY
. Daniel THOMAS -- 85100 LES SABLES D’OLONNE
. Marie MASCLE – 85200 FONTENAY LE COMTE
. Pascal CHIFFOLEAU -- 85700 POUZAUGES
. Claude TREDANIEL -- 85000 LA ROCHE SUR YON
. Abdou FOUNINI -- 85000 LA ROCHE SUR YON
. Jacqueline FERRAND -- 8500 LA ROCHE SUR YON
. Françoise VINCENT -- 85600 LA GUYONNIERE
. Jean-François PUJOL, ancien rugbyman, médecin généraliste, 85140 LES ESSARTS
. Jean-Louis LAMPERIERE -- 85640 MOUCHAMPS
. Emmanuel GRAVIER -- 85 ILE D’YEU
. Philippe BRILLANT -- 85 MAILLEZAIS

En PS -- vos directives actuelles pénalisent les coureurs , les médecins et .... les organisateurs de courses qui doivent refuser des inscriptions et donc minimisent leurs rentrées d' argent ... S agit il là des buts recherchés ? »

par FredRoss
Samedi 14 juin 2008
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Le docteur Nicolas le Berre a publié sous ce titre provoquant un livre, aux éditions Equilibres Aujourd'hui, qui montre que de nombreuses pathologies (allergies, problèmes de la sphère ORL et pulmonaires) disparaissent avec l'arrêt de la consommation de produits laitiers. De nombreux autres médecins et naturopathes sont de son avis et conseillent de réduire voire de stopper sa consommation.


L'homme est le seul mammifère qui se nourrisse d'un lait qui n'est pas celui de son espèce et qui continue à le faire à l'âge adulte... Serions-nous donc le seul animal contraint à boire du lait pour bien se porter ?

A grand renfort de campagnes publicitaires, le lait est très souvent présenté comme l'aliment indispensable et tout à fait adapté à nos besoins. C'est parfaitement vrai pour le lait maternel et le petit bébé d'une part, pour le lait de vache et le petit veau d'autre part.

Mais aucun lait n'est semblable à un autre, donc aucun lait ne peut vraiment en remplacer un autre (d'une autre espèce) sans créer des problèmes.

Et le lait bio?

Nous avons pris depuis 50 ans, la manie de surconsommer du lait (en particulier de vache) d'une façon ahurissante mais socialement banale puisque tout le monde le fait. Qu'il soit bio ou non ne change pas grand-chose en fait, bien qu'à l'évidence il vaille mieux consommer des produits bio (non UHT) puisqu'ils apportent ainsi moins de molécules anormales (herbicides, pesticides...), mais il n'en reste pas moins que, même bio, le lait de vache n'est pas mieux adapté à la physiologie humaine, souligne Nicolas Le Berre.

La question du calcium

Il est surprenant de constater que dans les pays les plus gros consommateurs de lait, le pourcentage de problèmes d'ostéoporose est le plus élevé. Et le record de fractures du col du fémur revient aux Norvégiens qui sont pratiquement les plus gros buveurs de lait de la planète.

Dans le cadre de l'alimentation occidentale, largement pléthorique, le seul argument que l'on puisse raisonnablement défendre en faveur du lait sur le plan nutritionnel est l'apport calcique. Cependant, le lait et ses dérivés ne sont pas indispensables et un apport suffisant peut être assuré par de nombreux aliments, en particulier végétaux, qui ont l'avantage d'amener peu de calories et de mauvaises graisses mais beaucoup d'antioxydants et de fibres qui aident le bon fonctionnement de notre organisme (légumes verts dont les choux, amandes, sésame...).

Il n'est pas prouvé qu'un apport calcique excessif ne soit pas nocif même pour l'os, surtout s'il est accompagné d'un excédent de protéines animales et de sucre, tous très acidifiants et donc consommateurs de calcium, ce qui est le cas pour le calcium du lait. Une étude présentée dans le British Medical Journal en février 2008 sous le titre « le calcium bon pour l'os, mauvais pour les artères », vient de prouver que, chez la femme ménopausée, un supplément calcique aggrave les accidents cardiovasculaires.

S'il est vrai qu'une alimentation occidentale banale sans aucun produit laitier risque de ne pas apporter assez de calcium (environ 500 à 600 mg), une alimentation bien pensée avec des végétaux variés en amènera 600 à 800 mg, ce qui est suffisant si les autres aspects du métabolisme calcique sont respectés, à savoir :

- pas d'excès massif de protéines animales, de sel et de sucre, surtout blancs ;

- un apport minéral varié avec magnésium et silice, donc des végétaux frais ;

- une fabrication suffisante de vitamine D, donc une alimentation comportant des bonnes graisses ;

- une activité physique suffisante et de préférence, au moins en partie, en plein air (une bonne peau fabrique de la vitamine D en absorbant les rayonnements solaires).

L'exemple crétois et japonais

De nombreuses personnes qui ont supprimé les produits laitiers, constatent dans le mois qui suit une amélioration notable de leur état de santé avec plus de vitalité.

Des arguments épidémiologiques nous incitent aussi à douter fortement de l'aspect santé de ce produit. Lors des grandes études menées depuis 1950, les deux régimes santé les moins contestés sont le régime crétois (le vrai !) et le régime japonais, en particulier d'Okinawa. Ces deux modes alimentaires excluent totalement les produits laitiers de vache. Le premier comporte des produits de chèvre (bio), le deuxième pas. Dans ces populations, il y a en particulier beaucoup moins de problèmes cardiovasculaires et de cancers et jamais il n'a été noté plus de fractures bien que la longévité active et souriante y soit plus accentuée que chez nous.

Si enfin on examine la carte mondiale des affections cardiovasculaires, des cancers en particulier hormonodépendants (sein, prostate), de l'ostéoporose, on s'aperçoit qu'elle correspond à celle des plus fortes consommations de produits laitiers. Ce dernier argument ne prouve certes pas que le lait soit le facteur causal de tout cela, mais il jette tout de même un doute sérieux sur le caractère «bienfaisant » d'une alimentation hyper lactée comme l'alimentation occidentale.

En conclusion gardez à l'esprit qu'il est parfaitement possible de vivre sans laitage comme en témoigne tout le monde animal.

Jean-Michel Gurret


Vendredi 23 mai 2008
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Pour RAPPEL !!
Car très très important ...

J'anime a nouveau ce samedi 16 à 14h à mon domicile,
une information avec une Conseillère en Diététique,
sur les sportifs, les carences alimentaires, le surpoids,
le bien etre,  la "mal bouffe"

Je compte sur vous
Contactez moi si vous voulez avoir cette information ...
Je peux recevoir une dizaine de personnes!

Alors, ne tardez pas ...



Mardi 12 février 2008
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Loi du 05 avril 2006 ------

Téléchargez le texte de Loi du 05 avril 2006, relative à la lutte contre le dopage et à la protection de la santé des sportifs.

En savoir plus : c'est ICI

par FredRoss
Vendredi 7 avril 2006
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Les "filières" de la dope sont variées, selon les produits et les clientèles, mais l'ensemble de l'activité reste encore artisanal.


La bombe Festina, par laquelle le dopage a été projeté violemment à la une de l'actualité l'été dernier, accrédite l'idée que les produits dopants proviennent d'abord de l'étranger. De fait, l'importation constitue une source importante de substances illicites. En réalité, les filières sont aussi variées que la nature et le prix des dopants, médicaments de confort ou remèdes prescrits, produits vétérinaires, molécules rares, stupéfiants... Elles diffèrent également selon que le consommateur est un athlète de haut niveau suivi de près par un médecin ou un amateur isolé.
Le 8 juillet 1998, à Neuville-en-Ferrain dans le Nord, les douaniers français arrêtaient la Fiat de Willy Voet, barriolée aux couleurs de l'équipe Festina du Tour de France. Le soigneur transportait 460 flacons et ampoules d'amphétamines, d'anabolisants et d'autres médicaments à effet dopant. La direction générale des douanes affirme qu'il s'agissait d'un contrôle mobile de routine, "sans instruction préalable d'aucune nature".
Un voyageur dépourvu d'ordonnance a parfaitement le droit d'entrer sur le territoire national avec une quantité de médicaments équivalant à trois mois de consommation personnelle sur la base de la posologie maximale. S'il présente une ordonnance lui permettant une utilisation prolongée de son traitement, les douaniers ne pourront rien contre lui. Ces règles s'appliquent même si le médicament en cause n'a pas reçu d'autorisation de mise sur le marché en France, indique la direction des douanes. L'équipe Festina, avec un peu plus d'organisation, aurait pu aisément passer entre les mailles du filet douanier si le soigneur, au lieu de convoyer une quantité suspecte, avait partagé la cargaison avec des complices...

Le cas de Willy Voet n'set pas isolé. Au 1er septembre 1998, 21 infractions avaient été relevées dans l'année portant sur 27 700 conditionnements. Un britannique a par exemple été contrôlé Gare du Nord à Paris transportant 17 boîtes d'anabolisants à base de testostérone. Un agent de la sécurité sociale a été arrêté en possession de 1100 ampoules d'hormone de croissance provenant de Lituanie, qu'il utilisait pour partie personnellement et qu'il revendait aussi dans le milieu culturiste grenoblois. Un autre adepte de la musculation a été appréhendé par les douanes en 1998 alors qu'il transportait 10 000 comprimés d'anabolisants destinés à la revente. Ces produits venaient de Thaïlande. En 1997, 61 infractions avaient été relevées, portant sur 105 280 comprimés, gélules et ampoules injectables. 83 % du butin annuel des douaniers provenaient d'une seule saisie. Les dopants confisqués en 1997 provenaient d'Espagne, de Suisse, de Belgique et de Thaïlande.
Cette année-là, un réseau a été démantelé. "Il était orchestré par un petit trafiquant qui utilisait des ordonnances falsifiées ou de complaisance pour se procurer des anabolisants auprès d'officines belges, espagnoles ou italiennes, indiquent les douanes. Ces produits étaient importés en France par voie postale". En quelques mois, ce réseau avait écoulé pour 170 000 F de produits.
On le sait, les pourvoyeurs de dope tirent profit de l'absence d'harmonisation des législations nationales. En Italie, un médecin généraliste peut prescrire une seringue d'EPO pour 500 F. Fournie par un cancérologue ou un néphrologue, elle sera même remboursée par la sécurité sociale italienne. En France, seuls les médecins spécialistes délivrent ce médicaments destiné essentiellement aux cancéreux dont la formule sanguine est déséquilibrée par la chimiothérapie. Et seules les pharmacies hospitalières sont en droit de le distribuer. Selon l'Equipe Magazine (19 Septembre 1998), 3000 malades ont besoin d'érythropoïétine en Italie alors qu'il en est vendu de quoi soigner... 40 000 Personnes.

A l'Est, les labos
L'importation de produits dopants ne repose pas seulement, loin s'en faut, sur des ordonnances falsifiées ou de complaisance. Les enquêteurs de l'affaire TVM évoquent l'existence de laboratoires de fabrication d'EPO et d'autres substances dans les pays de l'Est. Fait intéressant qui a orienté la police sur cette piste, l'un des médecins de l'équipe TVM, mis en examen le 27 juillet 1998, s'appelle Andrei Mikhailov. Un Russe. Il est de notoriété publique que la quasi-totalité des sportifs de haut niveau des pays de l'Est se dopaient, encadrés par des médecins qui recevaient une formation au sport de cinq ans. De nombreuses fédérations à travers le monde ont embauché entraîneurs et médecins venus de l'Est. Pologne, République tchèque, Pays Baltes, Hongrie, Ukraine, Biélorussie et Russie sont surtout des lieux de production de substances de synthèse. Les chimistes compétents désargentés ne manquent pas dans ces Etats où l'absence de contrôle permet des détournements de produits. 80 % des dérivés d'amphétamines proviennent de Pologne et des Pays-Bas, affirme Gilles Aubry, directeur adjoint de l'office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants. C'est de Pologne que provenaient des centaines de flacons du fameux "pot belge" (cocktail d'amphétamines, de cocaïne, d'héroïne) découverts, l'année dernière, par la gendarmerie poitevine chez Claude Descamps, ancien dirigeant du club cycliste VC Vendôme, et chez le vétéran Jacques Guillandou.

En novembre 1998, la police marseillaise arrête quatre trafiquants en possession de quatre mille pilules d'anabolisants emballées dans des boîtes portant des inscriptions en russe. Les quatre délinquants, dont l'un se présentait comme un chimiste ukrainien, écoulaient leur marchandise dans les salles de sport de la cité phocéenne. Selon le commissaire Deluc, "nous avons eu plusieurs affaires de ce type ces derniers mois. A chaque fois, des ressortissants des pays de l'Est sont impliqués, une véritable mafia".
Le mot est lâché. Pourtant, ce policier du nord de la France, enquêtant sur des affaires du Tour de France ne partage pas les vues de son collègue marseillais : "L'approvisionnement relève du système D, il est un peu anarchique". "Dans le cas de Festina et d'autres équipes professionnelles, nuance un autre enquêteur, certains groupes ont voulu rationaliser le système D".Une certitude, "on ne retrouve pas les voyous des trafics de stup", constate le commissaire des stups, Gilles Aubry.

"Pour qu'existent des filières organisées, analyse Patrick Laure, enseignant à l'université de Nancy et chercheur au centre de sociopharmacologie de Saint-Max, trois conditions sont nécessaires : 1) le produit doit être difficile à obtenir et cher ; 2) il faut une demande ; 3) l'organisation de l'approvisionnement doit être rentable". Or, précise Patrick Laure, la plupart des dopants sont des médicaments; ils ne sont donc pas difficile à obtenir dès lors que l'on est initié. Cependant, certains stéroïdes anabolisants rapportent et il n'est pas exclu que des filières soit les mêmes que pour les stupéfiants, rapporte le chercheur nancéen, en évoquant une affaire remontant "à cinq ou six ans". Les douanes avaient alors saisi un lot de stéroïdes conditionnés de la même façon qu'un colis d'héroïne précédemment découvert. Les services des stups n'ont en tout cas pas encore saisi de cargaisons mêlant ecstasy et amphétamines consommées par les sportifs. A partir du moment où l'on achète 2000 ou 3000 doses d'EPO, tranche pour sa part le Dr Alain Duvallet, de la direction régionale Ile-de France Jeunesse et Sports, ça fonctionne comme le trafic de drogue". Autre analogie avec les stupéfiants, il existe des laboratoires clandestins, selon le Dr Duvallet. Le fait est certain pour les stéroïdes anabolisants et il a de bonnes chances de l' être aussi pour l'EPO qui peu être produite avec une étuve à dioxyde de carbone à 15000 F. Les recettes sont publiées dans les revues scientifiques", ajoute Alain Duvallet. Le plus difficile pour la fabrication est d'obtenir les bonnes souches de bactéries ouvrières.

Cependant pourquoi produire, lorsque l'on peut se procurer les médicaments à la source, chez le fabricant ? "Plus le prix d'un médicament est bas, plus il sera facile de le détourner chez le fabricant" qui exercera une surveillance proportionnelle à la valeur de son produit, confie un médecin, connaisseur du dossier. "Pour les hormones, la perte entre le laboratoire et le distributeur est de 10 à 20 %, avance Alain Duvallet. Des chiffres qui n'inquiètent pas le fabricant, ils rentrent dans la marge bris te contrôle qualité". Du fabricant à l'officine, en passant par les grossistes, il y a des fuites à chaque maillon.
Bien que les chiffres soient difficiles à obtenir, le coulage, terme désignant les pertes entre la pharmacie hospitalière et le malade, est estimé entre 3 et 5 %. Le point faible des pharmacies centrales, selon Patrick Laure, sont les médicaments périmés. Leur suivi jusqu'à l'incinération n'est pas sans faille. En décembre 1998, le centre hospitalier d'Aix-en-Provence a porté plainte après la découverte de la disparition de onze flacons contenant 50 000 unités d'EPO (Neocormon). Après recoupement des inventaires, l'hôpital a constaté que plus de 500 000 doses de cette substances avait été subtilisées de sa pharmacie au cours des mois précédents.
Toutes ces fuites alimentent le marché noir. Or, pour le consommateur, une autre filière, celle de l'ordonnance, présente un avantage double sur des produits d'origine douteuse : le produit est bien conditionné, donc de qualité, et il est remboursé par la collectivité. Selon une enquête réalisée en 1997 par Patrick Laure auprès de 2000 athlètes français amateurs, hommes et femmes âgés de 17 ans et plus, 61 % des sportifs avouant se doper se sont approvisionnés auprès de médecins. Généralement médecin généraliste, il a prescrit en connaissance de cause, lors d'une consultation de routine. Dans six cas, les sportifs ont prétexté une maladie ou une blessure que le médecin n'a apparemment pas cherché à vérifier de façon approfondie. 20 % des sujets obtiennent leurs produits dopants au marché noir, essentiellement lorsqu'il s'agit de stupéfiants, tels que le cannabis ou la cocaïne. 15 % des athlètes sont pourvus par leur entourage, entraîneurs, coéquipiers, parents ou amis.

Les médecins sont d'autant plus impliqués que "l'automédication n'est pas envisageable pour les produits les plus sophistiqués", remarque-t-on à la direction générale des douanes. Les médecins "sont responsables au premier rang. Ils savent ce qu'ils font [...] Ce sont les ordonnances qui permettent de réaliser le trafic", dénonce, de son côté, le prince Alexandre de Mérode, président de la commission médicale du comité international olympique (CIO) (Le figaro du 17 août 1998). En 1979 déjà, lorsque le coureur Joop Zoetemelk est contrôlé positif à la nandrolone lors du Tour de France, il explique que la substance prohibée lui a été prescrite par son médecin.
Les médecins sportifs, dont la dépendance financière à l'égard des clubs a été dénoncée par l'Ordre national et sera combattue dans le cadre de la loi Buffet, ne sont pas les seuls en cause. Il est facile pour un patient, relève Patrick Laure, de simuler un mal banal et de se faire prescrire quelques comprimés. Où commence la complaisance, s'interroge un pédiatre de province. Confronté à des parents qui "réclament des vitamines pour que le gamin récupère mieux après l'entraînement" ? Et que faire face aux menaces d'un sportif rendu agressif par le manque d'anabolisant, comme en a rencontré Alain Duvallet ?
La complicité des médecins est souvent rétrospective, raconte un praticien qui a travaillé pour le ministère des sports. "Dans des compétitions régionales, il arrive qu'un sportif contrôlé positif obtienne de son médecin compréhensif un certificat antidaté. J'ai vu, au ministère, un certificat dont la rédaction ampoulée montrait qu'il était rétrospectif".
l'Ordre a déjà sanctionné des médecins qui avaient prescrit des anabolisants. Avec certaines limites. "Nous ne pouvons mener d'investigation sur certains agissements que s'il y a une plainte portée contre un médecin, venant soit du patient, soit d'une tierce personne", explique Bernard Glorion, président de l'Ordre national des médecins. En 1996, plusieurs médecins ont été condamnés à des peines de prison ferme. Dans les dix dernières années, des praticiens de Lyon, Reims ou Strasbourg ont été sanctionnés.
Entre le médecin et le sportif, s'insère un maillon indispensable : le pharmacien. Abusé par une fausse ordonnance ou une prescription de complaisance, il peut être parfois complice. "L'un des soigneurs de l'équipe la française des jeux s'approvisionnait chez un pharmacien de Veynes, dans les Hautes-Alpes qui le fournissait en corticoïdes et en amphétamines", rappelle un enquêteur du Tour de France. Jean Arnault, président du Conseil régional Nord-Pas-de-Calais de l'ordre des pharmaciens, chargé du dossier dopage, admet qu'il y a eu des détournements de dérivés d'amphétamines, vendus en fait comme anorexigènes. Il est difficile pour l'Ordre de repérer les détournements à part pour les stupéfiants qui sont comptabilisés sur des carnets à souche spéciaux". Certains anabolisants, prescrits pour des traitements contre la stérilité, ne sont pas chers, poursuits Jean Arnault. Davantage que l'appât du gain, c'est plutôt la proximité avec le client, par exemple fréquenté dans une salle de sport, qui va "piéger le pharmacien ou le médecin". L'Ordre des pharmaciens, alerté par les inspecteurs de la sécurité sociale, a néanmoins sanctionné plusieurs officines. L'efficacité de ces inspections est toutefois limitée : "Il n'y a que deux pharmaciens inspecteurs en Ile-de-France", se navre Alain Duvallet.
Producteurs étrangers, entraîneurs, médecins, pharmaciens, tous ces maillons ne doivent pas faire oublier que, dans de nombreux cas, le pourvoyeur, c'est d'abord le sportif lui-même. "Un soir, j'ai invité à dîner des médecins passionnés de vélo en compagnie d'un cycliste professionnel, raconte le dirigeant d'un laboratoire pharmaceutique. Nous étions sidérés, le cycliste connaissait par coeur le vidal", le dictionnaire des médicaments.

Yvan Cali, cycliste amateur du Cercle olympique Chamaliérois connaissait sans doute aussi son Vidal. Il a été arrêté en août 1996 alors qu'il tentait de se procurer dans une pharmacie de Riom des produits dopants grâce à une ordonnance falsifiée. La police a découvert à son domicile un stock d'hormone de croissance et d'EPO dérobé dans quatre pharmacies d'hôpitaux de la région. En février 1998, comparaissant devant le tribunal correctionnel de Riom, Yvan Cali déclarait : "je connaissais bien les hôpitaux pour y être allé souvent. C'est comme ça que j'ai commencé à cambrioler". Il semble, à en retenir les propos de l'audience, que le jeune cycliste n'était pas une "tête de réseau" et n'avait vendu qu'une seule fois à un ami.
Il existe pourtant des moyens beaucoup moins risqués pour faire son marché de produits dopants. Sans parler de revues même pas vendues sous le manteau, mais sur des salons publics comme le "fitness" à Villepinte, Internet s'impose comme une filière d'impunité.
L'androsténédione par exemple, consommée par le champion américain de base-ball Mark McGwire, est classée aux USA comme un simple complément nutritionnel. Rien de plus facile que d'en commander via internet. C'est aussi un jeu d'enfant pour la créatine de synthèse, substance interdite par certaines fédérations françaises, et en vente dans n'importe quel drugstore américain. Le cybernaute n'a guère besoin d'être introduit dans des milieux de dopés pour trouver des produits sur le réseau mondial. Les versions électroniques de Muscle Mag International ou Muscle Media 2000 sont des catalogues de vente d'hormone de croissance. Une simple demande sur un moteur de recherche, les index d'Internet, entraîne sans peine le surfeur vers la Steroid Bible et autres sites sur lesquels, moyennant la saisie de son numéro de carte de crédit, on peut passer commande d'anabolisants les plus variés.
Ce qui est inquiétant, analyse un policier de l'est de la France, c'est que certains médicaments nouveaux très spécialisés sont déjà détournés. On a l'impression que des gens se tiennent à l'affût de toutes les nouveautés pharmaceutiques, ce qui suppose des connaissances très pointues et des complicités actives ou passives de pharmacologues de haut niveau." Ainsi, l'interkeuline 3 et les PFC circulent déjà chez les sportifs. En fait, ce phénomène n'est pas nouveau, déplore le Dr Duvallet. "Les premiers anabolisants que j'ai connus, c'était par des sportifs, avant leur mise sur le marché... Il y a quinze ans, je recevais déjà des PFC en vrac pour des expériences sur les rats", poursuit Alain Duvallet, désabusé. Rien de plus facile, selon lui, de commander au fabricant un produit avec un papier à en-tête d'un laboratoire de recherches. Le fabricant n'est pas regardant, ce n'est pas son rôle. "On sait dans quelle université l'athlète John Smith va se procurer des produits", dénonce par exemple Jacques Piasenta, entraîneur de la sprinteuse Christine Arron.
Il est difficile par nature de faire la part des différentes filières. Mais devant une telle profusion de moyens de se procurer des substances dopantes, couper toutes les têtes de l'hydre relève de l'utopie. Même s'il s'annonce de longue haleine, le combat pour étouffer ce marché très dispersé devra se porter au moins autant contre la demande (par la sanction et l'éducation) que contre l'offre.

par FredRoss
Dimanche 2 avril 2006
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Si le dopage n'était pas au début l'apanage des seuls sportifs, il s'est peu à peu répandu dans le monde du sport à mesure que les enjeux devenaient importants. Le dopage s'est généralisé à la quasi-totalité des pratiques

L'athlétisme
L'athlétisme est à l'avant-garde. Depuis les années soixante, c'est une discipline-phare pour les recherches technologiques (sur le matériel) et pharmacologiques (sur les hommes). Dans la préparation des lanceurs puis des athlètes de toutes disciplines, le recours aux anabolisants s'est généralisé depuis 1960. C'est à cette époque que des records ont été battus au poids, au disque et au marteau. Les athlètes se sont transformés en cobayes pour les produits et méthodes dopants : l'autotransfusion a été testée par un athlète finlandais, l'électrostimulation a été appliquée aux athlètes soviétiques, l'hormone de croissance a été détectée pour la première fois en 1983 chez un athlète, lors de championnats du monde.

La natation
Dans les années trente, les nageurs japonais ont utilisé la trinitrine et l'oxygénothérapie (thérapie par l'oxygène et méthode dopante) pour améliorer leurs résultats aux J.O. En 1972, l'Américain Rick Demont est sanctionné aux Jeux de Munich pour s'être dopé. Depuis les années soixante-dix et jusqu'en 1989, la musculature hypertrophique et la raucité de la voix des championnes issues des pays de l'Est prouvent le recours à des hormones mâles. D'autres méthodes ont été employées par les entraîneurs de l'Est, notamment les grossesses provoquées, pour modifier le statut hormonal des nageuses. Les avortements qui ont suivi ces grossesses non désirée ont provoqué des séquelles psychologiques voire des stérilités chez certaines sportives. Depuis le début des années quatre-vingt-dix, les nageuses chinoises arborent une musculature très semblable à celle des nageuses est-allemandes...

L'haltérophilie
Les altérophiles sont les premiers consommateurs d'anabolisants. Les androgènes y sont considérés comme des "engrais musculaires". En 1998 a été annoncé, dans la revue britannique Lancet, le décès d'un adepte du body-building atteint de la maladie de Creutzfeld-jakob. Celle-ci est due à l'absorption d'hormones de croissance extraites d'hypophyses humaines prélevées sur des cadavres atteints de cette maladie. D'autres cas risquent de se déclarer avant l'an 2000, compte tenu de la période d'incubation de la maladie : il peut s'écouler de un mois à dix ans entre la contamination et les premiers symptômes.

En 1984, de jeunes gymnastes soviétiques, après avoir suivi une cure intensive d'hormone de croissance, sont condamnées au nanisme. Le dopage à la rHuEPO est apparu en 1988 aux jeux d'hiver de Calgary, au Canada. Dans les premières années qui ont suivi sa mise sur le marché (entre 1987 et 1990), une vingtaine de jeunes athlètes pratiquants des sports d'endurance (ski nordique et course d'orientation), originaires de pays nordiques et des Pays-Bas, sont morts brutalement des suites d'embolies et de crises cardiaques.
par FredRoss
Vendredi 31 mars 2006
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D'abord apparu au XIXe siècle dans le milieu du cyclisme, le dopage s'est progressivement étendu à l'ensemble des activités. Rançon du succès, plus un sport devient populaire, plus il est exposé au dopage. En Europe, trois disciplines sont concernées au premier chef : le cyclisme, le football et le tennis

Le cyclisme
Tous les facteurs incitant au dopage font partie intégrante de l'organisation du sport cycliste : enjeux financiers, programmes de compétition surchargés, difficultés accrues des épreuves. En 1960, deux coureurs sont morts, dopés aux amphétamines : un cycliste en Suisse et le Danois Knud Enmark Jensen aux jeux Olympiques de Rome. En 1967, le coureur britannique Tom Simpson meurt durant le Tour de France après avoir absorbé des amphétamines. Dans les années soixante-dix, plusieurs cas de dopage aux corticoïdes sont repérés dans le cyclisme. Dans les années quatre-vingt, la généralisation de ce dopage est dénoncée par plusieurs coureurs. En 1991, l'équipe cycliste PDM est atteinte d'un "syndrome grippal", accompagné de problèmes intestinaux, résultats d'un dopage à l'EPO et à la cortisone. En 1998, des insuffisances hépatiques et rénales dues à l'EPO sont observées chez des coureurs cyclistes. On a assisté à une évolution dans le doping qui s'est affiné au cours du temps : il est d'abord empirique (consommation d'éther, de caféine, de strychnine ou d'alcool), puis il cherche à agir sur certains symptômes (recours à la trinitrine, aux tonicardiaques, aux extraits thyroïdiens, aux analgésiques et aux amphétamines), enfin il influence la régulation hormonale de l'organisme (avec les corticoïdes), pour en arriver à la prise d'EPO.

Le football
Le dopage sévit dans le monde du ballon rond depuis quarante ans. En 1958, une enquête réalisé par l'Italien Ottani auprès des clubs professionnels italiens de football révèle que 27 % des joueurs de première division avaient utilisé des amphétamines, 62 % des analeptiques et 68 % des hormones et extraits hormonaux. 94 % des clubs étaient concernés. A l'heure actuelle, lors des coupes du monde et des championnats d'Europe, peu de cas ont été détectés. Certains footballeurs professionnels ont avoué être des consommateurs réguliers de tranquilisants. Depuis le printemps 1998, les juges italiens ont démantelé plusieurs réseaux de dopage (notamment à Bologne) qui alimentaient des clubs de première division (Turin, Parme...).

Le Tennis
Ce sport est la proie idéale pour le dopage avec un circuit professionnel surchargé et des enjeux financiers importants. En 1959, l'Espagnol Andrès Gimeno est le premier joueur à admettre avoir reçu des injections massives de testostérone. En 1969, l'Américain Jack Froner reconnaît la pratique courante du doping dans les tournées professionnelles. En 1980, le Français Yannick Noah révèle que les joueurs du circuit ATP utilisent des amphétamines et de la cocaïne pour tenir le coup.

Les autres sports professionnels
Une enquête réalisée aux Etats-Unis en 1985 a montré que 40% des 700 joueurs professionnels de base-ball consommaient de la cocaïne. La proportion serait sensiblement la même chez les deux millions d'amateurs. En boxe, c'est surtout dans le circuit professionnel américain que les cas d'usage de stupéfiants sont les plus fréquents. On relève également un dopage spécifique à la boxe : la consommation d'amphétamines anorexigènes pour aider à perdre du poids et descendre dans l'échelle des catégories pondérales.
par FredRoss
Mercredi 29 mars 2006
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Antiquité : le tout début
La culture du cocaïer est repandue depuis la plus haute antiquité au pérou et en bolivie où les habitants mâchent les feuilles de la plante "divine".

Ve siècle av. J.C. : d'Hérodote à Marco Polo
Le chanvre indien est connu depuis des siècles. Hérodote raconte que les Scythes jetaient des pierres rougies au feu sur des graines de chanvre et qu'ils tiraient, des vapeurs ainsi dégazées, le plus aigu des plaisirs. Marco Polo lui-même rapporte que le "vieux de la montagne", le célèbre prince de l'Antiliban, récompensait ses disciples, les Haschichins (qui, par déformation sont devenus les assassins) en les enivrant de haschisch.

1492 : L'amérique pré-colombienne avait ritualisé la cocaïne
Dans ce qui allait devenir l'Amérique latine, les peuples indiens employaient les feuilles de coca, un arbustre du Pérou dont on tire la cocaïne, aux propriétés toniques et antinévralgiques. Ils s'en servaient à des fins religieuses mais également pour entreprendre de longs parcours, au point d'en faire une unité de mesure : la cocada, distance parcourue sous l'effet d'une feuille de coca. On dit que tel village est à 4 ou 6 cocadas de marche ou bien qu'il faudra dix cocadas pour labourer un champ. Un coquero, c'est ainsi que l'on nomme le mâcheur de coca, chique ainsi quotidiennement de 25 à 30 grammes de feuilles, ce qui ne donne pas plus de 0,5 gramme de cocaïne. Ce demi-gramme suffit d'ailleurs pour tuer un homme s'il est absorbée par les cocaïnomanes est de 5 à 10 grammes par jour.

1859 : "Isolée"
La cocaïne a été isolée pour la première fois en 1859 par le chimiste allemand Albert Niemann.

1884 : Freud "découvre" les propriétés de la coke
A cette époque le père de la psychanalyse travaillait dans un service de neurologie où il avait entrepris d'expérimenter cette drogue comme anesthésique. Pour des raisons familiales il ne terminera pas ses travaux sur ce sujet et confia la poursuite des recherches à son confrère Carl Koller. Celui-ci, excellent chirurgien, découvrit que la cocaïne exerce une action efficace sur les terminaisons nerveuses sensitives dont elle bloque le fonctionnement. Cet anesthésique local très puissant lui permit d'opérer les yeux sans être gêné par les mouvements du malade.

1886 : Boissons familiales à base de coca
On lance en France une boisson à base d'extrait de coca : le vin Mariani "fortifiant des familles". Il contient dix pour cent de teinture ; la dose est un verre à bordeaux après les repas, conseillé comme calmant et reconstituant. Une boisson américaine célèbre a suivi l'exemple une vingtaine d'années plus tard. Puis les législations s'en sont mêlées et l'extrait de coca a été supprimé en 1910.

1899 : De la coco pour les écureuils des six jours cyclistes
Le docteur Max Novich rapporte dans la revue Abbotempo que "les entraîneurs donnaient souvent à leurs poulains de la cocaïne et de l'héroïne. A cette époque, c'est la cocaïne qui était plus largement utilisée comme stimulant par les cyclistes professionnels, mais son efficacité dépendait du dosage et de la façon dont elle était administrée. On la prenait généralement par voie buccale, mélangée avec de la caféine. Les entraîneurs de la vieille école qui ont utilisé ces préparations à base de cocaïne pour les "poulains" déclarent avec assurance qu'un coureur fatigué par une course de six jours retrouvait son deuxième souffle après absorption des ces mixtures".

1900 : Dans le Larousse médical
Dans le dictionnaire illustré de médecine usuelle, le docteur Galtier-Boissière la conseille en pommade pour les conjonctivites. L'efficacité de cette prescription était parfaitement connue des cyclistes dont les conjonctivites étaient exposées plus que quiconque aux poussières des routes non revêtues.

1912 : Avant la première guerre mondiale
En France, la coco fit ses premiers ravages en 1912. Le trafic était à peine clandestin. On trouvait de la "neige" dans les toilettes de toutes les boîtes de Montmartre, des Champs-Elysées, de Montparnasse et du Quartier Latin. Si pendant la guerre, le ravitaillement s'avérait plus difficile, les pilotes de chasse, quant à eux, ayant découvert qu'elle leur permettait de reculer de façon considérable la barrière de la fatigue, se bourraient de cocaïne avant de prendre les commandes de leur appareil.

1918 : Après la guerre
Nouvelle flambée de cocaïnomanie. Elle s'étend au monde entier et toutes les couches de la société furent atteintes. Les sportifs n'étaient pas les seuls. On vit des députés renifler une pincée de poudre avant de prendre la parole à la tribune de l'Assemblée nationale. En 1920, la France comptait au moins cent mille cocaïnomanes.

1924 : Remonter la pente
Louis Lewin dans son ouvrage classique Phantastica raconte que l'ascension jusqu'à des altitudes de 5000 à 6000 mètres est facilitée par la coca.


C'est ainsi que l'on apprit sous la plume du grand reporter Albert Londres, envoyé spécial du Petit Parisien sur le Tour de France 1924, que les frères Pélissier, "forçats de la route" de renom, étaient comme la plupart des coureurs, des pharmacies ambulantes. Ils transportaient dans leurs poches de la cocaïne pour les yeux, du chloroforme pour les genoux, de l'aspirine pour les migraines et une quantité d'autres médicaments.

1925 : La schnouff dans les cagnas
René de Latour, ancien rédacteur au Miroir des sports, qui a vécu les coulisses du cyclisme pendant un demi-siècle, trahit le milieu pédalant en dévoilant la consommation de neige par les six daymen : "Reginald Mac Namara (Australien spécialiste des six jours)avait une petite valise qu'il n'ouvrait qu'à l'abri de tout les regard, après avoir tiré le rideau de sa guitoune. Pourtant,... il m'en confiait la clé et je dois avouer que je ne pus résister, certain soir, à la tentation d'inventorier le contenu de cette mystérieuse valise. Elle contenait des comprimés de cocaïne."

1948 : L'avis d'un médecin des sports
Maurice Boigey, directeur de la cure d'exercice de Vittel, dans son ouvrage L'entraînement (paru aux éditions Masson), aborde en tant que moyen utilisé pour accroître le rendement physique : la cocaïne : "il est très difficile de savoir dans quelle mesure les sportifs emploient la cocaïne, mais quiconque est assez au courant de la situation ne mettra guère en doute que cette substance ne leur soit bien connue. Elle agit de manière efficace sur la sensation de fatigue ; elle peut donc, de ce chef, améliorer la capacité fonctionnelle au cours des efforts de longue durée. Toutefois, ce moyen de supprimer la sensation de fatigue (laquelle constitue normalement une sorte d'avertisseur nécessaire) n'est certainement pas inoffensif".

1963 : De l'herbe pour le torero
Miguel Guerra de Cea, dans son ouvrage Des toros et des hommes (paru en 1963 aux éditions de La Table Ronde), écrit : "le matador sommeille jusqu'à une heure de l'après-midi, lorsqu'il n'arrive pas à la dernière minute, pour partir à la plazza, après un bain de trente secondes et une bonne dose de marijuana"


Biily Bello, boxeur poids welter, qui promettait beaucoup, meurt d'un empoisonnement à l'héroïne alors que deux semaines avant son décès il avait été soumis à des examens qui n'avaient permis de déceler aucun symptôme particulier indiquant qu'il s'adonnait à l'usage régulier de cette drogue.

1964 : Anesthésie contre les coups
Max Novich, chirurgien-orthopédique asistant des United Hospitals de Newark, New Jersey (USA), révèle l'emploi de cocaïne comme anesthésique. "Certains boxeurs professionnels étaient massés par leur entraîneur avec des onguents contenant de la cocaïne. Ceci leur assurait une certaine anesthésie contre les coups tout en ayant un effet général stimulant."


Max Novich rapporte dans la revue Abbotempo "la mort récente, par empoisonnement dû à l'héroïne du géant Paul "Daggy" Dipscomb, footballeur professionnel vétéran des clubs de Pittsburgh Steelers et de Baltimore colts, a ému le monde sportif."

1966 : Décret d'application du 10 juin 1966 : la liste des produits
Le décret d'application 66 373 précise quelles sont les substances destinées à accroître artificiellement et passagèrement les possibilités sportives et qui, par conséquent, sont interdites dans le cadre des compétitions sportives :
1) "substances vénéneuses visées à l'article R.5.149 du code de santé publique", c'est-à-dire toutes les spécialités inscrites aux tableaux A, B et C :
tableau A : toxiques;
tableau B : stupéfiants, héroïne, opium, morphine, cocaïne ;
tableau C : produits dangereux.


1969 : Rick van Steenbergen inculpé pour trafic d'opium
L'ancien champion du monde de cyclisme se fait pincer avec un pain d'opium de dix kilos représentant 50 000 F. Son arrestation ne surprend personne. Selon plusieurs proches Rick 1 er avait même dû subir au cours des derniers mois, une cure de désintoxication.

1971 : Base-ball : programme de lutte anti-drogue
La plus importante ligue professionnelle des Etats-Unis vient de mettre sur pied un programme de lutte anti-drogue pour ses licenciés. Le porte-parole de cette ligue, Bowie Kuhn, déclare à un reporter du New York Times : "c'est un secret pour personne : les joueurs de base-ball américains font un usage immodéré de produits dopants et, plus paticulièrement de la marijuana, des amphétamines et des stimulants à base de benzédrine."


A Munich, lors de la réunion de la commission médicale du comité international olympique, une liste de substances dopantes a été établie. On y trouve dans le paragraphe "a" : stimulants psychomoteurs aux côtés de l'amphétamine : la cocaïne et dans le paragraphe "d" : narcotiques analgésiques : l'héroïne.

1973 : Eric de Vlaeminck : 1er affaire
Le champion du monde de cyclo-cross s'est rendu coupable à plusieurs reprises d'usage de drogue et a même subi une cure de désintoxication dans un asile psychiatrique.

1975 : Boxe : overdose
Mando Ramos, champion du monde des légers en 1969 et 1972, perdit son dernier combat par KO en novembre 1975, alors que la nuit précédente, il fut victime d'une overdose d'héroïne.


Dans son ouvrage, Physiologie de l'activité musculaire, le chercheur du collède de Springfield rapporte les études effectuées par certains confrères : "Mosso a montré que 0,1 g de cocaïne retarde l'apparition de la fatigue. Thiel et Essig ont mis en évidence que l'endurance d'hommes et de femmes pédalant sur des bicyclettes ergométriques était augmentée si on leur faisait absorber 0,1 g de chlorydrate de cocaïne par voie buccale. L'effet maximal était constaté 30 minutes après la prise. Herbst et Schellenberg, utilisant la même quantité de cocaïne, ont remarqué que la vitesse de récupération, après exercice sur bicyclette ergométrique, était augmentée."

1976 : L'herbe au secours des motards
Michel Rougerie, le champion français, aujourd'hui décédé, met en garde les pouvoirs sportifs sur la consommation d'herbe dans les grands prix : "depuis quelque temps, des odeurs suspectes se mêlent aux vapeurs d'essence. La marijuana a traversé l'atlantique dans les bagages des californiens habitués du Continental Circus. Les amphétamines serviraient également pour améliorer la "présence" des pilotes dans les passages stratégiques.

1977 : Eric de Vlaeminck : 2e affaire
Le frère aîné de Roger de Vlaeminck a été arrêté pour avoir forcé un barrage de police. Il était recherché pour avoir présenté de fausses ordonnances médicales à un certain nombre de pharmaciens dans le but de se procurer de la drogue.

1978 : Des "Flakes" dans la piscine
Marc Foreman de l'Université du Tennessee, l'un des meilleurs dosistes américains, suspendu de toutes les compétitions internationales pendant deux ans, a avoué qu'il avait pris de la cocaïne, cet été, au camp d'entraînement de Colorado Springs. Un autre nageur et trois nageuses, avec Foreman sont incriminés par la fédération Américaine AAU qui a refusé de reveler leus noms. Mais d'après le New York Times, il s'agit de Steve Tallman et des nageuses Jan Ujevitch, Beth Harrell et Gina Layton.

1979 : Séjour dans un centre de désintoxication
Darel Porter, l'un des protagonistes de la finale 1982 du championnat nord-américain de base-ball entre les cardinaux de Saint-Louis et les brasseurs de Milwaukee, avait, en 1979, séjourné dans un centre de désintoxication pour usage de drogue.

1980 : Coup de filet sur deux passeurs
Sam Lee Drummer et Ricky Wayne Brown, joueurs de la célèbre équipe des "Harlem Globe Trotters", ont été expulsés du brésil pour "passage" de drogue. Les policiers brésiliens ont en effet découvert dans leurs bagages de la marijuana et de la cocaïne.


Lawrence O'Brien, le commissaire de la NBA (National Basket American), sans trop croire à la réalité du fléau, s'est quand même résolu à faire adopter de timides mesures. "Tout joueur qui sera pris comme usager de drogue perdra sa licence de basketteur professionnel, mais il n'est pas question d'entreprendre des actions précipitées sur la base de simples allégations. Trois ans plus tard, le même O'Brien en convenait publiquement : "j'ai fait preuve de naïveté en déclarant que le problème n'existait pas dans le NBA"."


L'espagnol Guillermo del Riego, médaille d'argent aux derniers JO de Moscou, a été arrêter à Ceuta (espagne). Les douaniers ont découvert dans sa voiture et dans la semelle de ses chaussures, deux kilos de haschisch.


Chris Cobbs, journaliste au Los Angeles Times, au terme d'une enquête approfondie où il a interrogé toutes les parties prenantes du milieu du basket : entraîneurs, dirigeants et joueurs, révèle que dans le milieu du basket professionnel américain évoluent 40 à 75 % de drogués à la cocaïne. Parmi ces derniers, 10 % consomment de la "free base" dérivé dur de la coke dont les effets néfastes sont voisins de ceux de l'héroïne.
par FredRoss
Lundi 27 mars 2006
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Article paru dans "le monde" du 21/07/98

Au regard de la récente histoire du vélo, il ne s'agit finalement que d'une affaire parmi tant d'autres. L'exclusion de l'équipe Festina du Tour de France n'a ni le caractère dramatique ni le côté rocambolesque de nombreux épisodes des trente dernières années. Ce rebondissement supplémentaire changera-t-il la face du cyclisme, comme on l'entend dire aujourd'hui dans l'entourage du peloton ? Le souhait n'est pas nouveau. A de nombreuses reprises dans le passé, on le formula à l'identique, souvent avec conviction, parfois avec véhémence, comme au lendemain de ce funeste 13 juillet 1967.
Ce jour là, sur le mont ventoux, un cycliste s'était effondré à un km du sommet. L'anglais Tom Simpson avait perdu connaissance irrémédiablement. L'autopsie, quelques jours plus tard, révéla la présence d'amphétamines dans son organisme.
Si l'absorption de substances censées améliorer la performance est une pratique beaucoup plus ancienne dans le vélo, il est traditionnel de faire commencer son histoire du dopage à partir de ce drame. La mort de Tom Simpson est en effet survenue deux ans seulement après l'adoption, en France, d'une loi antidopage mettant au ban un évantail de pratiques. L'application du texte ne se fit pas sans douleur, comme le prouva, en juin 1966, la grève symbolique entreprise par les coureurs du Tour.

Le refus d'Anquetil
La disparition de Tom Simpson n'a pas changé grand chose. Deux mois après le drame du Ventoux, Jacques Anquetil refuse de se soumettre au contrôle antidopage alors qu'il vient de ravir à Roger Rivière le record du monde de l'heure. L'Union cycliste internationale (UCI) refuse d'homologuer sa performance. Pourtant, les tests antidopage, qu'Anquetil et les autres jugeaient comme des "méthodes vexatoire", se généralisent.
Nouveau coup de tonnerre : lors du Tour d'Italie 1969, Eddy Merckx est déclaré positif au réactivan. Il est exclu de la course et condamné à un mois de suspension. L'affaire va prendre une telle dimension, mêlant hommes politiques, coureurs, journalistes, que l'UCI décide de lever la sanction, au bénéfice du doute. Quatre semaines plus tard, Merckx peut prendre le départ du Tour de France.
Le dopage devient alors peu à peu un fait de société. En 1975, Eric de Vlaeminck est interné dans un service psychiatrique : le septuple champion du monde de cyclocross a perdu la tête, sans doute pour avoir consommé trop de pilules miracles dans sa carrière. Deux ans plus tard, dans le Tour de France, le dopage est maintenant au centre de toutes les discussions. La suspicion se répand dans la course, une liste noire circule sous le manteau. Six cas positifs sont officiellement révélés, dont ceux de Luis Ocana et Joop Zoetemelk. Ce qui semble peu comparé à ce qu'annonçaient les rumeurs.

Le cas Pollentier
En 1978, la "ficelle" est, cette fois, trop grosse pour passer inaperçue : vainquer à l'Alpe-d'Huez, le belge Michel Pollentier a dissimulé sous son maillot une poire contenant de l'urine "propre". Pollentier a dépassé les bornes. Il est renvoyé chez lui. La publicité faite autour de cette affaire douchera quelque peu les ardeurs. Aucun cas concernant des coureurs connus n'est mis au jour jusqu'au milieu des années 80. Ce qui n'empêchera pas la police et la justice de s'intéresser, parallèlement, à quelques trafics d'amphétamines.
En 1986, la brigade des stupéfiants fait une descente aux six jours de Bercy. L'année suivante, deux procès occupent l'actualité. Le premier, à Laon, voit défiler dans le box des accusés vingt médecins, vingt pharmaciens et vingt coureurs parmi lesquels des anciens équipiers de Bernard Thévenet et Joop Zoetemelk. Le second procès, à Poitiers, fait suite au décès d'un cycliste peu connu, Jean-Philippe Fouchier, lors d'un critérium.
La chronique retrouve le macadam la saison suivante. En 1988, le leader du Tour de France, Pedro Delgado, est déclaré positif au probénécide, un produit qui permet de masquer les stéroides anabolisants. L'espagnol s'en sort indemne, profitant du fait que la substance trouvée dans ses urines est interdite par le C.I.O mais ne l'est pas encore par l'UCI. En sauvant son maillot jaune, Delgado ouvre la voie à un cyclisme de plus en plus procédurier. En 1990, Gertjann Theunisse lui emboîte le pas. Contrôlé positif à la testostérone pour la deuxième fois de sa carrière, le néerlandais aurait dû être sanctionné comme un récidiviste. Il ne le sera pas, expliquant (à raison) n'avoir jamais reçu de notification de son premier contrôle.
Tout semble bon pour passer au travers des mailles du filet. En 1991, l'équipe PDM préfère quitter le Tour en prétextant une intoxication alimentaire plutôt que de dévoiler la vérité (probablement un mauvais dosage d'EPO). En 1994, Miguel Indurain est convaincu d'avoir absorbé un dilatateur de bronches (le salbutamol) lors du Tour de l'oise. On le relaxe néanmoins, car le coureur a pu produire un certificat médical le déclarant asthmatique. Un an plus tôt, Alex Zülle avait fait exactement de même.

L'étau se resserre
L'étau, pourtant, se resserre autour des coureurs. Pris aux amphétamines, Pascal Lino est suspendu six mois en 1993. Attrapé à la caféine, Gianni Bugno écope de deux ans en 1994. La fameuse loi du silence est parfois brisée. En 1996, Philippe Gaumont et Laurent Desbiens accusent le médecin de l'équipe GAN de leur avoir prescrit de la nandrolone. Dans l'affaire Festina, les aveux de Bruno Roussel à la police ont eu pour conséquence de pousser Richard Virenque et ses coéquipiers en dehors du Tour de France alors que rien ne prouve qu'ils soient dopés. Plus besoin de contrôle positif pour voir planer l'ombre du dopage. Preuve que les temps changent quand même un petit peu...
par FredRoss
Samedi 25 mars 2006
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Clin d'oeil ...

Parce que l'on ne peut pas rester insensible

devant la détresse d'un enfant...


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